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MEDECINE DE VOYAGE ou prévention et vaccins pour les voyageurs Interview avec le Professeur Robert Steffen, responsable de la Division des maladies transmissibles à l'Institut de Médecine Sociale et Préventive de l'Université de Zurich, Centre collaborateur de l'OMS ainsi qu’auteur de Tropimed®, base de données pour les professionnels de médecine de voyage.
1. Le premier plaisir du voyage c’est sa planification. Quels conseils peut-on donner au voyageur en ce qui concerne les vaccinations pour que cela reste un plaisir? En fait, les voyageurs qui se rendent dans des pays en voie de développement devraient penser relativement tôt aux vaccinations. Pour les personnes qui voyagent en-dehors des circuits touristiques habituels ou qui restent plus d’un mois dans un pays en voie de développement, on recommande souvent la vaccination contre l’hépatite B ou contre la rage. Pour ce faire, deux – respectivement trois – injections sont nécessaires, ce qui demande un minimum de 21 jours. La vaccination orale contre la fièvre typhoïde nécessite également du temps, chacune des trois capsules doit être prise dans un intervalle de deux jours (c’est-à-dire aux jours 1,3,5) et elle est pleinement efficace seulement à partir du dixième jour après la dernière capsule. Il faut aussi se rappeler que les vaccins ne sont pas exempts d’effets secondaires – ils peuvent induire quelques douleurs, plus rarement une légère fièvre de courte durée – et l’idéal serait de se faire vacciner quatre à six semaines avant le départ.
D’abord, la vieille règle coloniale „pèle-le, bout-le, cuit-le ou oublie-le“ est toujours valable. Elle permet de diminuer clairement le risque de diarrhée. Mais les observations montrent que 98% des voyageurs
suisses cèdent à l’appel des délicieux buffets de salade ou acceptent des glaçons dans leurs boissons, certains consomment même des huîtres crues ou des steaks tartares sous les tropiques. En fait, il est souvent difficile de renoncer à ces tentations, de ne commander que des repas servis à une température d’au moins 60° et de ne manger que des fruits que l’on peut peler soi-même. Par contre, au vu de la fréquence des diarrhées, il est certainement indiqué d’emporter les médicaments nécessaires dans sa pharmacie de voyage, mais nous reviendrons là-dessus plus loin.
Pour les voyages dans les pays en voie de développement, c’est la diarrhée qui est clairement la maladie la plus fréquente, par contre pour les voyages en Amérique du Nord ou en Europe occidentale, c’est la constipation. Les refroidissement, comme par exemple la grippe, sont également fréquents. En Afrique tropicale, il y a souvent une transmission de paludisme et dans 90% des cas, il s’agit de la Malaria tropica qui est potentiellement mortel. Parmi les maladies infectieuses qui peuvent être évitées par une vaccination, la grippe, l’hépatite A et l’hépatite B occupent incontestablement les 3 premières places.
Je tiens à souligner encore une fois que les premières causes de décès des suisses dans le tiers-monde ne sont pas les maladies infectieuses, mais les accidents de la circulation et de baignade. Les maladies infectieuses peuvent être prévenues par la vaccination ou par des médicaments préventifs. Parmi les maladies qui menacent les voyageurs dans les pays en voie de développement, c’est clairement la rage qui est la plus dangereuse. Une fois les symptômes apparus, les chances de survie sont nulles. Elle peut être prévenue par trois doses de vaccin avant le voyage ou par un traitement immédiat administré dans un grand centre médical aussi rapidement que possible après la morsure du chien ou le contact suspect avec un animal.
Pour chaque voyageur qui revient d’une région impaludée et qui a de la fièvre, il est impérativement recommandé de consulter un médecin dans les 24 heures. Ce dernier effectuera un examen de sang pour confirmer ou infirmer le diagnostic de paludisme. Il faut aussi consulter le médecin en cas de diarrhées persistantes ou d’autres problèmes de santé. Par contre, il n’est pas nécessaire de faire un check-up médical après chaque séjour dans les tropiques, même s’il s’agit de longs séjours.
En effet, la médecine de voyage est interdisciplinaire et ne se limite pas à la médecine tropicale et aux maladies infectieuses. Un grand nombre de voyageurs font du trekking sur des sommets élevés ou encore font de la plongée. Naturellement, cela soumet l’organisme à des contraintes particulières. Certains groupes de personnes sont plus à risque, pensons par exemple aux femmes enceintes chez lesquelles le paludisme évolue de manière particulièrement dangereuse, aux enfants en bas âge qui peuvent se déshydrater en l’espace de quelques heures suite à une diarrhée, ce qui mène vite à une situation grave. Il y a aussi des personnes qui ont une maladie préexistante, comme cela arrive souvent chez les seniors, ou des personnes qui ont des troubles congénitaux de la coagulation du sang et chez lesquels les vols longue distance peuvent provoquer une thrombose.
Le but du Règlement sanitaire international est d’empêcher la propagation de maladies vers des pays où elles ne sévissent pas ou au moins d’en limiter le risque. La santé du voyageur individuel n’intéresse que peu les autorités des pays visités, même si cette formulation peu sembler provocante. Les recommandations comme celle du Recommandations du Comité d'experts en médecine des voyages en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique, se concentre sur l’objectif de donner à l’ensemble des voyageurs toutes les recommandation qui permettent de préserver sa santé pendant un séjour dans une région comportant des risques particuliers. Les différences entre les diverses recommandations nationales résultent du fait que les mêmes médicaments, par exemple ceux contre le paludisme, ne sont pas disponibles dans tous les pays.
In travel medicine, individual advice is required because travellers have different objectives and different medical problems may arise during a trip. Moreover, each traveller is different, a family with young children or a diabetic patient needs different recommendations compared to a business man planning to spend 48 hours at meetings in a luxury hotel in the capital city.
Au cours des deux dernières années, de petites flambées de rougeole sont apparues en Suisse et de nombreux enfants et adultes ont dû être hospitalisés. Chez certains, la maladie a même évoluée vers une encéphalite, c’est-à-dire une inflammation du cerveau et a malheureusement laissé chez certains de ces patients des séquelles permanentes. Il a été démontré que les virus de la rougeole qui ont été analysés en détail en Suisse correspondent principalement à des sous-types étrangers, ce qui signifie qu’ils ont été importés d’Asie et respectivement d’Afrique. C’est pourquoi, on porte une attention plus élevée qu’avant sur le fait que les personnes de moins de 40 ans soient vaccinées à deux reprises avec le ROR (rougeole, oreillons, rubéole) à un moment ou l’autre de leur vie. La protection de la population suisse est prioritaire, la volonté de l’OMS d’éradiquer la rougeole, elle, est prise en compte seulement au second plan d’autant plus que la rougeole apparaît maintenant plus souvent chez les adultes et entraîne beaucoup plus souvent des complications dans ce groupe d’âge.
Les médecins suisses ont des intérêts très diversifiés et tous ne s’intéressent pas à la médecine de voyage. Lors de consultations qui comportent des questions relatives à la médecine de voyage, les médecins moins informés ont la possibilité de référer leurs clients à un centre de médecine de voyage ou à un médecin spécialisé en médecine tropicale.
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